DEIR-EL MEDINEH.

C'est le lieu de résidence des ouvriers
qui ont construit les tombes des
reines et des pharaons.
Situé dans une vallon de la montagne
thébaine, Deir-el Médineh abrite des
ruines, ce sont les vestiges de 
ce village et de la nécropole de
la communauté d'artisans qui ont
travaillé durant le nouvel empire.
Les artisans étaient composés de
dessinateurs, de carriers, de sculpteurs,
de peintres, d'architectes et de
menuisiers.
Leurs conditions de travail sont
connues grâce au "journal" que tenait
jour après jour, le Scribe de la
tombe.
Les artisans s'activaient également
à la construction de leurs propres
tombes. Elles se composaient d'une
chappelle surmontée d'une pyramide
coiffée d'un pyramidion et d'un caveau familial creusé sous la tombe.
Le village a été fondé sous Thoutmosis 1er.
Cerné par un mur en briques crues
le site dénombrait 70 maisons de
4 pièces chacunes et une soixantaine
à l'extérieur des murs. Le village
était relié à la vallée des Reines
et des Rois par deux sentiers.
Les logements étaitent tous plus ou
moins du même type. Les villageois
formaient une véritable corporation
professionnelle et possédaient maisons
et serviteurs.
Ils disposaient de leur propre tribunal
aménageaient leurs propres tombes, 
étaient leurs propres prêtres et prêtresses
et dépendaient directement du pharaon
qui assurait leur existance et leur
bien être afin qu'ils puissent se
consacrer exclusivement à leur art.
Des équipes étaient créées : "Chefs d'équipe de droite" et "Chefs d'équipe de gauche"
Tout se monde se trouvait sous le 
contrôle du Scribe de la tombe.
Les artisans du village recevaient
un salaire en nature qui se composait
de blé, de légumes, de fruits, de bois
de poisson, de viande, de bièrre, etc...
Lorsque des problèmes se présentaient
ils se mettaient en grève. Un papyrus
de la Grève est conservé au musée
de Turin. C'est un des premiers document
qui atteste du conflit sous le règne
de Ramsès III.
Grâce au Scribe de la tombe, on
apprend que certains ouvriers n'allaient
pas travailler en prétextant toutes
sortes d'excuses.
Selon lui, les mèches qui éclairaient
les tombes se consumaient en 4 heures
et il leur en fallait deux par jour.
A la fin de la XIXè dynastie, l'Egypte
connait des troubles politiques
(succession de Ramsès II). Deir-el
Médineh est alors victime de conflits,
de vols et de scandales.
BERNARD BRUYERE :
C'est l'archéologue français Bernard Bruyère (1922) qui fit pendant
30 ans un travail énorme sur le site
de Deir-el Médineh.
L'ensemble de ses fouilles permit
de lever le voile sur bien des zones
d'ombre de l'antiquité égyptienne,
tout particulièrement sur la vie des villageois
et des artisans.
Un puit gigantesque fut découvert,
5000 ostraka (tessons de poterie peints) 
et de nombreux objets furent également découverts
dont des sièges, des coffrets en bois
des paniers, de la vaisselle, etc.,
tout cela restitue leur cadre de vie.
Sur certains ostraka, figurent des
scènes de la vie de famille.
Bien belle époque que celle-ci ....